Quand le pollen s’invite : les clés pour en limiter l’impact

Dre. Jacqueline Wassenberg

Avec l’arrivée des beaux jours, le pollen refait surface, transformant pour beaucoup le plaisir du printemps en une série d’éternuements et de mouchoirs. Mais qu’est-ce qui se cache derrière cette allergie si courante et souvent sous-estimée ? Pour démêler les mystères de la rhinite allergique saisonnière et offrir des solutions concrètes, nous avons interrogé la Dre. Jacqueline Wassenberg, spécialiste en allergologie, immunologie clinique et pédiatrie. | Adeline Beijns

Qu’est-ce que l’allergie au pollen et comment se manifeste-t-elle dans nos vies ?

L’allergie au pollen, souvent appelée rhinite allergique saisonnière ou plus poétiquement « rhume des foins », est une réaction inadéquate de notre système immunitaire face aux minuscules grains de pollen libérés par les arbres, les graminées ou les herbacées. Ces particules, invisibles à l’œil nu, voyagent dans l’air et, chez les personnes sensibles, déclenchent une réponse allergique. Elle se manifeste principalement au printemps, en été ou à l’automne, selon les végétaux en floraison. 

Concernant les symptômes, ils sont aussi variés qu’inconfortables : éternuements en cascade, nez qui coule ou se bouche, ronflements, yeux larmoyants et irrités, un asthme, parfois une toux sèche ou une sensation de démangeaison au fond de la gorge. 

Quand faut-il prendre une allergie respiratoire au sérieux ? Quels dangers guettent en l’absence de soins appropriés ?

Une allergie au pollen ne doit pas être prise à la légère d’autant plus qu’elle survient rarement seule sur le long terme. Il est crucial de réagir dès que les symptômes deviennent persistants ou intenses, car ignorer cette sensibilité peut ouvrir la porte à des complications. Sans traitement adapté, une rhinite allergique peut évoluer vers un asthme allergique. Ce dernier, touchant les voies respiratoires plus en profondeur, peut entraîner des gênes respiratoires, une sensation de poitrine serrée, et dans certains cas une crise nécessitant une prise en charge rapide.

Quelles peuvent être les répercussions d’une telle allergie, notamment chez les plus jeunes ?

Les conséquences d’une allergie au pollen vont bien au-delà d’un simple nez qui coule. À l’école, cette fatigue, due à un mauvais sommeil en raison de l’allergie, se traduit souvent par des problèmes de concentration, nuisant aux apprentissages et, à terme, aux résultats scolaires. De même que le rejet des camarades peut survenir: les absences répétées, l’affaiblissement du système immunitaire, mais aussi le fait d’éviter les événements sociaux tels que les anniversaires d’enfants à l’extérieur. Ce sont tous des aspects que les parents ne doivent pas ignorer.

Pour les jeunes sportifs, les conséquences sont encore plus marquantes. Les compétitions, souvent programmées en pleine saison pollinique, deviennent un défi : essoufflement, baisse d’endurance ou inconfort général peuvent saboter des mois d’entraînement et ternir les performances. 

Comment soulager cette affection et quelles mesures préventives privilégier ?

Pour la soulager, je propose une approche en trois temps. D’abord, créer une barrière physique : lavez-vous les cheveux après une sortie, laissez les vêtements portés dehors loin des pièces de vie, équipez vos fenêtres de filtres à pollen, et sortez avec lunettes et chapeau pour limiter l’exposition. Ensuite, soulagez les symptômes avec des antihistaminiques et parfois des corticoïdes en spray, disponibles en pharmacie ou sur prescription, pour calmer éternuements et irritations. 

En cas de symptômes sévères, une immunothérapie (ou désensibilisation) peut être envisagée, il s’agit d’un traitement qui habitue l’organisme au pollen et offre ainsi un soulagement durable là où il est approprié. 

Que dire de l’allergie au pollen chez les enfants et comment les parents peuvent-ils les accompagner ?

Elle peut se manifester dès 2 ans avec une intensité variable selon chaque enfant. Si des symptômes tels qu’éternuements ou irritations apparaissent, parlez-en au pédiatre, surtout en cas de signes respiratoires inhabituels – un signal à ne pas négliger. 

Pour soulager, traitez les symptômes avec des médicaments adaptés (antihistaminiques, par exemple) et, si nécessaire, envisagez une immunothérapie dès 5 ans, là où elle est indiquée, pour un soulagement à long terme et prévenir d’autres maladies. 


Cet article a été réalisé avec l’aimable soutien de ALK-Abelló AG. L’indépendance de l’opinion de l’experte a été entièrement respectée

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