L’ennui est-il bon pour la santé ?

L’ennui est généralement considéré comme un état émotionnel désagréable empreint de sentiments d’insatisfaction, d’agitation et de fatigue mentale. Pourtant, une étude publiée dans la revue Academy of Management Discoveries, a révélé que l’ennui peut stimuler la productivité et la créativité individuelles.

Par Adeline Beijns

Faire ou être ?

Les Italiens ont un nom délicieux pour cela : « il dolce far niente » c’est-à-dire la douceur de ne rien faire, lâcher prise intentionnellement et donner la priorité à l’être plutôt qu’au faire. En français, nous dirions plutôt : « tuer le temps ». Toute la différence est là : ne rien faire est indéniablement négatif dans notre culture alors que pour d’autres, l’ennui peut être source de productivité. 

Dans l’étude intitulée « Why Being Bored Might Not Be a Bad Thing after All » (« Pourquoi s’ennuyer pourrait ne pas être une mauvaise chose après tout »), publiée dans la revue Academy of Management Discoveries, des personnes qui avaient effectué une tâche ennuyeuse telle que trier méthodiquement un bol de haricots par couleur, ont ensuite obtenu de meilleurs résultats dans une tâche génératrice d’idées par rapport à d’autres personnes qui avaient d’abord effectué une activité artisanale intéressante. Les personnes qui s’étaient ennuyées à trier les haricots, un par un, ont surpassé le deuxième groupe en termes de quantité et de qualité des idées.

De nombreux avantages

Bien que l’ennui ait une connotation négative dans notre société, il présente pourtant une multitude d’avantages en étant un catalyseur d’action. Voici ses cinq principaux bénéfices :

1. Améliorer notre santé mentale

A une époque où nous sommes submergés par un flot continu d’informations, notre cerveau peut rapidement se retrouver surchargé. La profusion d’informations peut conduire à un manque d’attention qui est nécessaire aux activités productives. Ainsi, faire une pause peut être une occasion précieuse d’aider nos cerveaux surchargés à se détendre et à atténuer le stress. Il est bénéfique de s’éloigner des médias sociaux et de notre smartphone suffisamment longtemps pour ressentir de l’ennui.

2. Accroître la créativité

L’ennui peut être l’occasion de se replier sur soi et d’utiliser ce temps pour penser et réfléchir. En autorisant son esprit à vagabonder et à rêvasser, la créativité et la résolution de problèmes n’en deviennent que plus faciles. En effet, en l’absence de stimulation externe, nous utilisons notre imagination et pensons de manière différente.

3. Recherche de la nouveauté

Si les humains ne s’étaient jamais ennuyés, ils n’auraient jamais eu le goût de l’aventure ni celui de la nouveauté. La recherche de nouveauté implique une insatisfaction à l’égard du statu quo et une volonté de remettre en question les idées et les pratiques établies. 

4. La poursuite de nouveaux objectifs

L’ennui peut aussi être envisagé comme un signal émotionnel indiquant que nous ne faisons pas ce que nous voulons faire. Face à ce constat, nous sommes plus enclins à nous orienter vers des objectifs et des projets plus épanouissants que ceux que nous poursuivons actuellement.

5. Maîtrise de soi

Lorsque l’intérêt dans une chose ou une tâche est perdu, cela affecte la capacité à se concentrer mais aussi à réguler ses émotions et ses actions. Apprendre à supporter l’ennui dès son plus jeune âge est une excellente préparation au développement des compétences de maîtrise de soi.

Vive l’ennui !

Mais attention, il est important de ne pas confondre l’ennui et la relaxation. Une activité volontairement tranquille, comme le yoga ou la méditation, ne vont pas nécessairement vous donner des idées de génie. Pour exploiter le véritable ennui, il faut choisir une activité qui demande peu ou pas de concentration, comme marcher sur un parcours familier ou s’asseoir les yeux fermés, et laisser simplement son esprit vagabonder, sans musique ni autre stimulation pour le guider.

Compte tenu de ces nombreux avantages, nous devrions embrasser l’ennui, plutôt que de chercher une échappatoire immédiate. Nous devrions également laisser notre esprit vagabonder, car l’ennui peut être l’occasion de réfléchir à ce que nous voulons dans la vie.

Vous avez aimé cet article ? Ne manquez pas …

Cet article vous a plu ?
Abonnez-vous à la version papier Salle d’attente pour avoir accès à toutes les informations sur le sujet: témoignages, tests, adresses utiles, infographies et autres.
Alors n’attendez-plus !
CHF39.00

Loading

Partagez sur

Facebook

Plus d’articles :

Le Top 5 des causes courantes de baisse de libido

La libido varie au fil du temps, des saisons et des périodes de vie. Fatigue, stress, hormones, tensions… il n’y a pas
une cause unique, mais souvent un mélange de facteurs. Bonne nouvelle : il existe toujours des moyens simples de
rétablir l’équilibre et de raviver le désir.

Loading

Lire la suite »

Médecine nucléaire : l’espoir par les rayons

Movember est bien plus qu’un symbole : chaque année, ce mois de sensibilisation permet de rappeler l’importance du dépistage et de libérer la parole autour des cancers masculins. Il est essentiel de mettre en lumière les avancées médicales qui transforment le quotidien des patients. Parmi elles, la médecine nucléaire émerge comme un pilier innovant, alliant diagnostic précis et traitements ciblés pour lutter contre cette maladie souvent silencieuse. Pour explorer ce domaine fascinant, nous avons eu le privilège d’interviewer la Prof. Valentina Garibotto, MD, Cheffe de service de Médecine Nucléaire et Imagerie Moléculaire aux HUG, ainsi que le Dr. Nicola Bianchetto Wolf, Chef de clinique du même service.

Loading

Lire la suite »

Briser le silence sur le cancer de la prostate

En ce mois de novembre, dédié à la sensibilisation aux cancers masculins sous le nom de Movember, il est crucial de mettre en lumière le cancer de la prostate, qui reste le plus fréquent chez les hommes en Suisse avec plus de 6’000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année¹. Cette maladie, souvent asymptomatique à ses débuts, peut être détectée précocement grâce au dépistage, améliorant ainsi les chances de guérison. Pour mieux comprendre les enjeux et les soutiens disponibles, nous avons interviewé Yves Menoud, président de l’Association Prosca. Âgé de 59 ans, Yves a été diagnostiqué à 46 ans et est aujourd’hui sous surveillance active. À travers son expérience personnelle et son engagement associatif, il nous éclaire sur la mission de Prosca et l’importance de briser les tabous entourant cette pathologie.

Loading

Lire la suite »

Quand le rythme ne convient plus

Julie Cartwright, 43 ans, a toujours été une personne pleine d’énergie. Pendant dix ans, elle a pratiqué les
arts martiaux, avant de se spécialiser dans l’acrobatie aérienne. En parallèle, elle a terminé un master, travaillé comme assistante de recherche et fondé, avec une amie, son propre studio d’acrobatie aérienne. Tout était en mouvement, elle fonctionnait à plein régime – physiquement, professionnellement et mentalement.

Loading

Lire la suite »

L’évolution des idéaux féminins… au fil du temps

L’idéal féminin n’a cessé de changer au gré des tendances, des contextes culturels, et des icônes de chaque époque. Ces standards ont eu un impact significatif sur la manière dont les femmes perçoivent leur corps. Voici un voyage dans le temps à travers les figures emblématiques qui ont marqué ces évolutions.

Loading

Lire la suite »

Cheveux clairsemés ? Et si c’était génétique ?

Qui n’a jamais ressenti un pincement au cœur en remarquant une touffe de cheveux restée sur la brosse ? Si perdre des cheveux peut sembler banal, il est important de comprendre que toutes les chutes capillaires ne sont pas identiques. Alors que la chute de cheveux saisonnière, très courante, est généralement temporaire et modérée, l’alopécie androgénétique, elle, peut s’installer durablement et mérite une attention particulière.

Loading

Lire la suite »