
Rester chez soi, entouré de ses repères et de ses habitudes, tout en bénéficiant de soins de qualité hospitalière : c’est l’ambition des structures de soins à domicile. Dans un contexte où le maintien à domicile est de plus en plus plébiscité, nous avons interrogé Marion Crabos, Directrice Générale de l’Organisation de soins et d’aide à domicile (OSAD) Clinique Générale-Beaulieu Soins à domicile. Elle nous explique à qui s’adressent ces prestations, comment elles s’organisent et quels bénéfices concrets elles apportent aux patients et à leurs proches. | Adeline Beijns
À quels patients les soins à domicile s’adressent-ils, dans quelles situations sont-ils adaptés et quels types de soins et d’accompagnement peuvent être proposés directement à domicile ?
Nous accompagnons une patientèle très variée, nécessitant un suivi ponctuel ou régulier, allant de la personne âgée souhaitant préserver son autonomie à domicile, au patient en convalescence après une intervention chirurgicale, en passant par les personnes atteintes de maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension. Certaines structures accueillent également les enfants lorsque leur situation le nécessite.
Nos prestations couvrent aussi bien des soins infirmiers techniques, tels que les pansements post-opératoires, les injections ou la surveillance clinique, que la gestion des traitements médicamenteux et l’accompagnement dans les activités de la vie quotidienne, notamment pour la toilette ou l’habillage. Cette diversité de situations et de besoins requiert une approche globale, personnalisée et évolutive, afin d’offrir à chaque patient un accompagnement adapté à sa réalité et à son projet de vie.
Comment se déroule la mise en place des soins à domicile ?
Nous pouvons être sollicités par le patient lui-même, un proche ou, le plus souvent, un médecin de famille ou un spécialiste (comme un chirurgien). Une évaluation personnalisée est alors réalisée : soit au domicile du patient, soit à l’hôpital s’il est encore hospitalisé. On analyse les besoins médicaux, le degré d’autonomie, l’environnement de vie et les personnes-ressources.
Sur cette base, un plan de soins est élaboré en coordination avec le médecin. L’équipe intervient alors selon les besoins définis. Tout au long de la prise en charge, qu’elle soit aiguë ou chronique, la situation est réévaluée afin que les prestations s’adaptent à l’évolution de l’état de santé du patient.
Comment s’organise la collaboration entre les équipes de soins à domicile, les médecins et les autres intervenants ?
Les soins à domicile occupent une position centrale dans le parcours de soins, faisant le lien entre le patient, ses proches, le médecin traitant, les spécialistes, l’hôpital et la pharmacie. Au sein de notre organisation, ce rôle est assuré par une infirmière coordinatrice, véritable « fil conducteur » du parcours de soins, qui veille à la continuité, à la cohérence et à la bonne communication entre l’ensemble de ces intervenants. Cela évite les ruptures dans le parcours de soins (notamment lors des transitions hôpital-domicile) et assure une prise en charge sécurisée pour le patient. Ainsi, grâce à ces échanges réguliers, le plan de soins peut être ajusté pour répondre pleinement aux besoins actuels du patient. La collaboration entre l’ensemble des acteurs est donc la clé pour garantir la cohérence, la qualité et la continuité des soins délivrés au patient.
Quel est le bénéfice du maintien à domicile ?
Le domicile n’est pas seulement un lieu de vie : c’est un environnement rassurant, chargé de repères, d’habitudes et de souvenirs. Le fait de rester chez soi devient un levier de bien-être. Or, quand on se sent mieux, on adhère plus facilement aux soins, on s’engage davantage dans son parcours de santé et on conserve plus longtemps sa qualité de vie. Pour une personne âgée, cela peut faire toute la différence : rester dans cet environnement familier et rassurant évite souvent le « syndrome de glissement » que l’on observe parfois après un placement en EMS.
Comment garantissez-vous à domicile un niveau de qualité et de sécurité comparable aux exigences d’une prise en charge en milieu clinique ?
Notre modèle repose sur un principe simple : « le savoir-faire de la clinique chez vous ». Nous avons transposé les standards de qualité de la clinique à notre structure de soins à domicile. Cela passe par des protocoles de soins rigoureux, basés sur les bonnes pratiques actuelles, une formation continue et certifiante des équipes, une traçabilité complète des soins et un travail en étroite collaboration avec les médecins. Nous évaluons aussi régulièrement la satisfaction des patients et analysons les résultats pour améliorer nos pratiques. Enfin, nous maintenons une veille active sur les évolutions réglementaires afin d’ajuster en permanence notre organisation et nos modes de fonctionnement.
Pour terminer, quels conseils donneriez-vous à un patient ou à ses proches qui envisagent des soins à domicile mais ne savent pas comment entreprendre les premières démarches ?
Il ne faut surtout pas attendre que la situation devienne compliquée, pour le patient comme pour le proche aidant. En effet, les proches aidants jouent un rôle essentiel dans de nombreuses situations, mais ils sont souvent fortement sollicités. L’accompagnement d’un proche en perte d’autonomie, atteint d’une maladie chronique ou en convalescence après une hospitalisation peut représenter un investissement important, tant sur le plan physique qu’émotionnel. Cette implication quotidienne, bien que précieuse, peut parfois engendrer de la fatigue, du stress et un risque d’épuisement à long terme. La mise en place de soins à domicile permet alors d’apporter un soutien complémentaire, en prenant le relais pour certains soins ou certaines tâches spécifiques. Les soins à domicile leur offrent ainsi un soutien concret, leur permettant de souffler tout en ayant l’assurance que leur proche bénéficie d’un accompagnement adapté et sécurisé. Dans ce contexte, un simple coup de téléphone à une structure de soins à domicile ou une discussion avec son médecin de famille suffit souvent pour faire un premier point sur les besoins et les possibilités d’accompagnement.
La première prise de contact est généralement une discussion simple et rassurante. C’est sur cette base que se construit ensuite la relation de confiance indispensable au suivi. Les soins à domicile ne signifient pas une perte d’autonomie, bien au contraire. Ils permettent de rester chez soi plus longtemps, en toute sécurité, tout en conservant la maîtrise de son quotidien. Ils peuvent également contribuer à soulager les proches aidants face aux défis de l’accompagnement. N’hésitez pas à vous renseigner auprès des structures existantes dans le canton ou à en parler à une personne de confiance.

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