
Experte en allergies chez aha!
Si un parent présente une allergie, le risque d’en développer une chez l’enfant est de quelque 30%1
Une allergie pollinique non traitée mène à un asthme allergique chez 30% des personnes concernées2
L’arrivée du printemps éveille bourgeons et fleurs, mais pour de nombreux enfants, elle rime avec éternuements, yeux larmoyants et fatigue. Minimisées, les allergies au pollen altèrent pourtant durablement la santé et la qualité de vie. Pour y voir clair, nous avons interrogé Roxane Guillod, experte en allergies chez aha! Centre d’Allergie Suisse. | Adeline Beijns
Fréquence et gravité
L’allergie au pollen est souvent perçue comme un simple désagrément, mais elle exige une vigilance accrue, en particulier chez les enfants. Roxane Guillod l’explique ainsi : « cette allergie est parfois perçue comme anodine car les symptômes peuvent souvent sembler peu invalidants, c’est-à-dire un nez qui coule ou des démangeaisons, et cela peut de prime abord apparaître inoffensif ». En Suisse, environ 20% de la population en est touchée, contre 6-7% pour les acariens et 3-4% pour les poils de chat.
Un traitement précoce s’impose pour éviter autant que possible qu’une allergie au pollen n’évolue vers un asthme allergique ou d’autres problèmes respiratoires.
Évolution des allergies
Ces affections émergent souvent dès l’enfance et perdurent sans prise en charge adéquate. Roxane Guillod évoque une « carrière allergique » : « elle débute généralement par un eczéma atopique, puis évolue vers un asthme ou des allergies alimentaires. Bien que non systématique, ce schéma demeure fréquent ».
Symptômes d’une allergie
La saison pollinique culmine en mai et juin, marquant un pic critique avec la floraison des graminées. Leurs pollens déclenchent une réaction immunitaire chez les personnes allergiques, occasionnant les symptômes.
Chez les enfants, les signes courants incluent un nez qui coule, des yeux irrités ou larmoyants, des démangeaisons aux oreilles. Roxane Guillod souligne : « les voies respiratoires supérieures sont le plus souvent touchées. Parfois les inférieures peuvent l’être aussi, entraînant un sentiment d’oppression thoracique et des difficultés respiratoires ». Par ailleurs, il se peut que les réactions se manifestent plus intensément chez les enfants en raison d’un système immunitaire encore en maturation.
Impact sur la qualité de vie
Les allergies au pollen altèrent le quotidien des enfants au-delà des symptômes physiques, pouvant affecter la concentration, le sommeil et les activités extérieures. « Cela est très contraignant pour les jeunes car ils doivent souvent rester à l’intérieur », ajoute l’experte. Limiter les jeux dehors ou souffrir d’insomnie peut également affecter les résultats scolaires, surtout durant cette période d’examens. S’ajoutent des comorbidités comme une aggravation de l’asthme, compliquant la vie courante.
Importance d’une prise en charge précoce
Malgré leurs conséquences, les allergies pédiatriques demeurent souvent sous-diagnostiquées. De nombreux parents confondent les symptômes de l’allergie avec ceux d’un rhume. « Pour les parents, il n’est pas facile de distinguer les deux », note Roxane Guillod. Une évaluation et un traitement précoces dès l’enfance permettent de prévenir des maladies secondaires et des complications. « Les thérapies sont efficaces et bien tolérées.
Dès cinq ans, l’immunothérapie allergénique (ITA) contre le pollen et les acariens peut réduire les symptômes jusqu’à une possible guérison », affirme-t-elle. Une intervention retardée peut favoriser un asthme chronique, tandis qu’une thérapie encadrée par un médecin atténue les manifestations et améliore la qualité de vie.
Options thérapeutiques
Les symptômes allergiques peuvent être traités par des antihistaminiques, des sprays nasaux (p. ex. à base de cortisone) ou des gouttes ophtalmiques. Ces médicaments soulagent les symptômes de manière ciblée, mais ne s’attaquent pas à la cause et doivent être utilisés régulièrement.
Un traitement qui agit à la racine est l’immunothérapie allergénique (ITA), qui se déroule sous surveillance médicale. Cette thérapie est suivie par un professionnel de santé et dure en règle générale trois ans. L’administration se fait par injection (SCIT) ou sous forme de gouttes ou de comprimés à prendre par voie orale (SLIT).
Rôle des soignants et accompagnement des parents
Dans ce parcours, les médecins jouent un rôle clé en diagnostiquant, traitant et éduquant les parents sur les mécanismes et déclencheurs des allergies. « Le corps médical est essentiel pour poser le diagnostic et proposer une thérapie. Mais une allergie respiratoire a aussi beaucoup d’autres aspects qui ne sont pas médicaux comme la connaissance, l’information et l’accompagnement », explique Roxane Guillod. Des organismes comme aha! Centre d’Allergie Suisse complètent ces informations. Pour les allergies chroniques, la collaboration entre les professionnels de santé et les proches de l’enfant concerné est d’une importance décisive.
Références : 1. Site internet : aha! Centre d’Allergie Suisse, La carrière allergique, du Dr, Peter Eng en collaboration avec aha! Centre d’Allergie Suisse, consulté en janvier 2026. 2. Site internet : aha! Centre d’Allergie Suisse, Infographies sur des thèmes de santé, De la tête aux pieds (2023), consulté en janvier 2026.
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