À ne pas confondre avec la grippe

Docteur Jean-Marie Schnyder 
Médecin-Chef du service de pneumologie à la Clinique Lucernoise de Montana

Chaque hiver, le Virus Respiratoire Syncytial (VRS) fait son retour, touchant particulièrement les enfants en bas âge et les personnes âgées. Souvent confondu avec une simple grippe, ce virus peut entraîner des complications graves, comme des bronchiolites ou des hospitalisations. Pour tout savoir sur ce pathogène saisonnier et sensibiliser le public à sa prévention, nous avons interrogé le Dr. Jean-Marie Schnyder, Médecin-Chef du service de pneumologie à la Clinique Lucernoise de Montana. | Adeline Beijns

Qu’est-ce que le VRS ?

Il s’agit d’un virus qui infecte les voies respiratoires et provoque des syndromes grippaux, souvent accompagnés de bronchiolites. Cette infection des bronchioles, ces petites voies aériennes dans les poumons, réduit la capacité à absorber l’oxygène, entraînant une détresse respiratoire potentiellement grave. Ce virus est surtout actif pendant les saisons froides, en parallèle avec la grippe, car les conditions hivernales favorisent sa propagation dans les espaces confinés. Il est très contagieux et touche principalement les jeunes enfants (avant 3 ans), mais aussi les adultes. C’est l’une des causes principales d’hospitalisations chez les jeunes enfants et les personnes âgées, avec des complications sévères liées au manque d’oxygène, aux surinfections bactériennes et parfois à des séquelles respiratoires à long terme. C’est pourquoi il est surveillé chaque hiver par les autorités sanitaires : pour anticiper les pics épidémiques, mobiliser les ressources hospitalières et promouvoir la prévention, afin de limiter l’impact sur les populations vulnérables et le système de santé.

Comment le VRS se transmet-il et quels gestes permettent de réduire le risque de contagion ?

Le VRS se transmet par gouttelettes (lors de toux ou d’éternuements), par contact direct avec les mains, et via les surfaces contaminées. Pour réduire le risque, il est essentiel d’appliquer les gestes barrières : porter un masque en cas de symptômes, se laver les mains régulièrement, aérer les habitations pour diminuer la charge virale, et nettoyer les surfaces. Ces mesures aident à éviter le développement de la maladie et ses conséquences difficiles. En prévention, les vaccins jouent aussi un rôle clé pour diminuer les hospitalisations.

En quoi la prévention du VRS est-elle particulièrement importante ?

La prévention est cruciale pour les personnes à risques car ils sont exposés à des formes graves de la maladie, avec un risque élevé d’hospitalisations et de complications. Chez les bébés, une infection peut rapidement évoluer en bronchiolite sévère. 

Chez les personnes âgées, l’affaiblissement immunitaire amplifie les effets du virus, pouvant mener à des pneumonies ou d’autres problèmes respiratoires. Adopter des mesures préventives permet de protéger ces populations vulnérables et de réduire la pression sur les services de santé en hiver.

Quel rôle jouent les proches dans la prévention de la transmission du VRS ?

Les proches ont un rôle essentiel et souvent décisif dans la prévention : il faut éviter de rendre visite aux personnes âgées ou aux jeunes enfants si l’on est malade, même pour un simple rhume, car le VRS se transmet facilement. Se laver les mains systématiquement avant de toucher un bébé, utiliser du gel hydroalcoolique, et limiter les contacts rapprochés comme les bisous ou les câlins sont des gestes simples mais efficaces. De plus, les parents et grands-parents peuvent veiller à aérer régulièrement les pièces, à nettoyer les objets partagés, et à encourager la vaccination si disponible pour les groupes à risque. L’entourage agit comme une première barrière de protection, en adoptant une hygiène rigoureuse et en étant vigilant aux signes d’infection pour éviter de propager le virus involontairement.

Un dernier mot ?

Le VRS est un virus très contagieux et saisonnier. La plupart des personnes en ressentiront à peine les effets, mais pour les vulnérables, cela peut entraîner des conséquences graves, y compris des infections bactériennes concomitantes comme des pneumonies. Il faut donc tout faire pour éviter l’infection par ce virus, en adoptant les bonnes habitudes et en se faisant vacciner si possible. 

Cet article vous a plu ?
Abonnez-vous à la version papier Salle d’attente pour avoir accès à toutes les informations sur le sujet: témoignages, tests, adresses utiles, infographies et autres.
Alors n’attendez-plus !
CHF39.00
Ou abonnez-vous directement pour 8 éditions !
CHF78.00

Loading

Partagez sur

Facebook

Plus d’articles :

Construire le présent …

Pour garantir le futur ! C’est la devise d’AROMED (Association romande de médecins), Association sans but lucratif, qui a pour mission d’assurer l’information et la formation dans le domaine médical. Depuis 2001, il s’agit aussi d’une Fondation en faveur des médecins, dentistes ou vétérinaires salariés ou indépendants membres de l’Association.

Lire la suite »

Soigner les inflammations de la peau !

Les affections cutanées inflammatoires qui démangent sont rouges, douloureuses et inesthétiques ! Elles peuvent être frustrantes à vivre et peuvent causer de l’inconfort et de l’embarras chez les personnes qui en souffrent.

Loading

Lire la suite »

Laetitia a décidé de partager son histoire

Laetitia est une femme pétillante de 32 ans. A la voir, tout lui sourit : elle possède son propre salon de coiffure, est amoureuse de Laurent depuis 3 ans et le couple envisage de fonder une famille. La jeune femme ne laisse rien entrevoir de sa maladie, la sclérose en plaques (SEP) dont le diagnostic a été pose il y a peu de temps après leur rencontre.

Loading

Lire la suite »

Une qualité de vie retrouvée

Vivre avec le diabète nécessite une prise en charge autonome tout au long de la vie qui exige un engagement élevé de la part de l’individu si l’on veut préserver à la fois la sante à long terme et la qualité de vie.

Loading

Lire la suite »