La prévention avant tout contre les cancers du sein et de la prostate

Chaque année, les mois d’octobre et novembre sont respectivement consacrés à la sensibilisation aux cancers du sein et de la prostate. Ces deux maladies représentent une part significative des diagnostics de cancer en Suisse. Alors que la détection précoce joue un rôle crucial dans la réduction de la mortalité, la prévention reste un levier tout aussi important pour lutter contre ces maladies. Cet article propose un tour d’horizon des moyens de prévention et de dépistage de ces cancers, en mettant en lumière les chiffres clés et en soulignant les initiatives visant à encourager des pratiques de vie saines.

Par Adeline Beijns

Le cancer du sein : la prévention au cœur de la stratégie

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme en Suisse, avec environ 6’500 nouveaux cas et 1’400 décès chaque année. Grâce aux progrès constants des techniques de dépistage, notamment la mammographie et la tomosynthèse, le nombre de décès diminue, malgré l’augmentation du nombre de cas détectés. L’examen d’angiomammographie, appelée également mammographie de contraste (CEM), est proposé aux patientes en complément d’examens courants tels que la mammographie, couplée à la tomosynthèse, à l’échographie mammaire, l’IRM mammaire ou la biopsie, afin d’obtenir des informations complémentaires.

La prévention par l’autopalpation et un mode de vie sain

L’autopalpation (voir tutos dans l’encadré) reste un outil de prévention simple et efficace, permettant de détecter environ un tiers des cas de cancer du sein. En complément, adopter un mode de vie sain est primordial. La consommation modérée d’alcool, l’exercice régulier et une alimentation équilibrée sont autant de facteurs qui peuvent réduire le risque de développement d’un cancer du sein.

Récupéré sur : giphy.com

Le dépistage : mammographie et angiomammographie

La mammographie, recommandée tous les deux ans entre 50 et 74 ans, demeure l’examen de référence pour la détection précoce. Contrairement aux idées reçues, elle est plus désagréable que douloureuse : « les patientes sont encore nombreuses à appréhender une mammographie, de peur de ressentir de la douleur au moment de la compression du sein, ou simplement parce qu’elles ne savent pas de quelle manière se déroule cet examen », explique Anne-Sophie Zenner, Technicienne en radiologie médicale auprès du Centre d’imagerie de la femme Affidea de Sion.

Le déroulement d’une mammographie est simple et rapide, ne prenant généralement que 10 à 15 minutes. Malgré les appréhensions, la compression nécessaire des seins durant l’examen est brève, ne durant que quelques secondes, et les techniciens veillent à minimiser toute gêne ressentie par la patiente. « Lors d’une mammographie, la patiente se dévêt de la taille au-dessus. Un·e technicien·ne en radiologie positionne un sein sur une plaque, parfois légèrement fraîche, et le comprime doucement avec un plateau supérieur. Cette compression, pouvant être inconfortable ou légèrement douloureuse, est essentielle pour obtenir des images de haute qualité tout en réduisant l’exposition aux rayons X.

Notre rôle est crucial pour obtenir des images optimales et pour veiller au bien-être de la patiente durant l’examen. Pour rassurer les patientes, l’écoute et la compréhension sont indispensables », explique Heidi Grimaldy, Technicienne en radiologie médicale auprès du Centre d’imagerie de la femme Affidea de Fribourg. L’angiomammographie, quant à elle, offre une précision accrue en complément des autres techniques d’imagerie. C’est une méthode récente d’exploitation et ces technologies permettent d’intervenir plus rapidement et avec une meilleure précision, augmentant ainsi les chances de succès des traitements.

Le cancer de la prostate : agir avant les symptômes

« Le cancer de la prostate est non seulement le cancer le plus fréquent chez les hommes en Suisse, avec environ 7’400 nouveaux cas par an, mais il représente également près de 30% de l’ensemble des diagnostics de cancer chez l’homme » avertit Nicolas Platon, Médecin radiologue spécialisé en imagerie uro-radiologique et imagerie cardiaque chez Affidea Suisse. Souvent asymptomatique à un stade précoce, ce cancer est principalement diagnostiqué chez les hommes de plus de 50 ans, et près de la moitié des cas concernent des hommes de plus de 70 ans.

Récupéré sur : giphy.com

La prévention par un mode de vie sain

Bien que la prévention du cancer de la prostate soit moins précise que celle du cancer du sein, certains facteurs de risque peuvent être atténués par un mode de vie sain. L’âge, les antécédents familiaux et l’origine ethnique sont les principaux facteurs de risque non modifiables. Cependant, une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes, ainsi que l’exercice physique régulier peuvent contribuer à réduire le risque global de cancer.

Le dépistage : un outil indispensable malgré les limites

D’après Nicolas Platon, « le dépistage repose principalement sur le dosage de l’Antigène Prostatique Spécifique (PSA) et le toucher rectal. Bien que ces tests ne soient pas parfaits, ils jouent un rôle crucial dans la détection précoce, en particulier pour les hommes présentant des facteurs de risque accrus. En cas de résultats anormaux, une IRM prostatique qui est le meilleur examen d’imagerie prostatique est souvent utilisée pour affiner le diagnostic et guider les biopsies.

Il est important de noter que la plupart des symptômes urinaires tels qu’une envie fréquente d’uriner, notamment la nuit, ou un jet urinaire faible, sont généralement causés par un adénome bénin de la prostate. Contrairement à une croyance répandue, ces symptômes ne sont pas nécessairement indicatifs d’un cancer. Le cancer de la prostate, en revanche, se développe souvent en périphérie de la glande et peut rester asymptomatique longtemps, ce qui souligne l’importance du dépistage régulier.

Centres de dépistage et initiatives de sensibilisation

Affidea Suisse, acteur majeur dans le domaine de l’imagerie médicale, propose des solutions avancées de dépistage dans ses centres, bien que l’aspect préventif reste un enjeu de santé publique plus large. Les initiatives telles que les journées portes ouvertes et les campagnes de sensibilisation jouent un rôle crucial pour encourager le dépistage régulier et démystifier ces examens auprès du grand public.

Des initiatives comme les journées portes ouvertes dans les centres d’imagerie de la femme permettent de sensibiliser davantage au dépistage du cancer du sein. Ces événements offrent aux participantes une opportunité unique de découvrir le fonctionnement des mammographies, en présence de spécialistes pour répondre à toutes leurs questions. En octobre, les centres Affidea distribuent à chaque patiente de l’huile d’amande douce, accompagnée d’un tutoriel détaillant les gestes essentiels pour réaliser une autopalpation. Par cette initiative, Affidea Suisse encourage chaque femme à devenir actrice de sa propre santé.

Que retenir ?

La lutte contre les cancers du sein et de la prostate ne doit pas se limiter aux mois d’octobre et de novembre. Une sensibilisation continue tout au long de l’année est essentielle pour détecter ces cancers tôt et promouvoir des comportements préventifs. Les avancées technologiques, telles que l’angiomammographie et l’IRM prostatique, permettent une détection plus précise et précoce, mais il est crucial que ces outils soient largement accessibles.

Adopter un mode de vie sain et consulter régulièrement pour les dépistages sont des démarches simples mais efficaces pour réduire les risques de cancer. Les professionnels de santé jouent un rôle clé dans cette prévention, en offrant des conseils et des soins adaptés. En unissant nos efforts, nous pouvons espérer réduire durablement l’impact de ces cancers et améliorer la santé de tous.

Autopalpation : la réaliser chez soi grâce à un tutoriel et une huile de soin

1. Réaliser l’autopalpation à raison d’une fois par mois et également après la ménopause. 
2. Le moment idéal se situe entre le 2e et le 3e jour après le début des règles.
3. Il suffit de soulever le bras et d’observer le sein et l’aisselle, ainsi que le pli mammaire à l’affût d’une altération visible.
4. À l’aide du bout des doigts, en appliquant du gel douche ou une huile de massage, palper délicatement les seins du bas vers le haut, en partant du mamelon vers l’extérieur, en formant des cercles avec le bout des doigts.
5. Examiner les seins en recherchant un signe de creux ou de nodules, de rougeurs ou d’autres changements visibles ou ressentis de la peau, ou autres modifications anormales de l’aspect des mamelons.
6. Si l’un de ces symptômes est observé, il faut prendre contact avec son gynécologue pour un contrôle.

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