Traitement de la DMLA : où en est-on ?

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À l’heure où la santé visuelle devient une préoccupation croissante, une maladie se détache particulièrement par son impact et sa prévalence : la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Cette affection, touchant principalement les personnes de plus de 50 ans, est la principale cause de perte de vision chez les seniors dans les pays développés. Alors que la population mondiale vieillit, comprendre, prévenir et traiter la DMLA n’a jamais été aussi crucial. C’est dans ce contexte que nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec la Docteure Dina Roncoroni, spécialiste en ophtalmologie. À travers cet échange, le Docteure Roncoroni nous éclaire sur les dernières avancées dans la recherche sur la DMLA, les options de traitement disponibles et les conseils pratiques pour ceux qui sont touchés par cette maladie ou souhaitent en prévenir l’apparition. Entretien réalisé auprès de la Docteure Dina Roncoroni, spécialiste en ophtalmologie à Lugano.

Par Adeline Beijns

Qu’est-ce que la DMLA et comment affecte-t-elle la vision des patients ?

La DMLA est une maladie qui dégrade la macula, partie centrale de la rétine cruciale pour la netteté visuelle et la perception des couleurs. Affecter cette zone réduit significativement la vision, impactant la lecture, la reconnaissance des visages et le visionnage de la télévision. C’est la principale cause de perte de vue chez les plus de 55 ans dans les pays développés. Toutefois, la DMLA ne mène pas à une cécité totale, car la vision périphérique reste intacte. Il y a deux types de DMLA : la forme sèche, qui évolue lentement, et la forme humide, caractérisée par une détérioration visuelle rapide.

Quels en sont les principaux facteurs de risque et existe-t-il des moyens efficaces de la prévenir ?

La principale cause de la DMLA est liée à l’âge, la probabilité de développer cette maladie augmentant au fil des années. Parfois, des facteurs génétiques peuvent également jouer un rôle, soulignant l’existence de risques héréditaires non modifiables. Cependant, d’autres facteurs de risque, comme le tabagisme et l’hypertension artérielle, peuvent être atténués grâce à des changements de mode de vie. Pour prévenir la DMLA, adopter un mode de vie sain est essentiel. Cela inclut une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, la protection des yeux contre les rayons UV et l’arrêt du tabac.

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Quels sont les derniers développements dans le traitement de la DMLA ?

Depuis plus de vingt ans, nous disposons d’un traitement efficace de la forme humide de la DMLA, qui consiste en l’administration intraoculaire de médicaments inhibant la croissance vasculaire. Récemment, une avancée a été réalisée dans le traitement d’un sous-type de la forme sèche de la DMLA. Cela offre un nouvel espoir aux patients et certains autres traitements gagnent également du terrain pour freiner la progression de la forme sèche de la DMLA.

Comment les nouvelles technologies ont-elles influencé le diagnostic et le suivi de la DMLA ?

L’avènement de la tomographie par cohérence optique (OCT), il y a une vingtaine d’années, a rendu le diagnostic de la DMLA et de ses variantes beaucoup plus rapide et précis. Depuis quelques années, nous disposons également d’une nouvelle forme d’angiographie (Angio-OCT) qui permet, sans injection de liquide de contraste, de reconnaître la présence de vaisseaux sanguins pathologiques, comme dans la forme la plus avancée de la DMLA, la DMLA dite humide. Ces technologies sont cruciales pour le suivi des patients soumis à un traitement par injections, afin de vérifier la réponse au traitement et de planifier les intervalles entre les injections.

Quels sont les principaux défis actuels dans le traitement de la DMLA ?

En ce qui concerne le traitement de la DMLA exsudative, le principal défi est lié à la nécessité de procéder à des injections à intervalles réguliers (tous les deux mois en moyenne) afin de maintenir l’acuité visuelle. Cela implique un engagement non négligeable pour le patient et sa famille, ainsi qu’une charge de travail de plus en plus importante pour les établissements de santé, avec un impact économique conséquent. La recherche scientifique est confrontée depuis longtemps au défi de pouvoir disposer d’une thérapie ayant un effet à long terme. En ce qui concerne le traitement de la forme sèche de la DMLA, nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère, et il reste encore de nombreux défis à relever.

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Comment la recherche actuelle pourrait-elle transformer la prise en charge de la DMLA dans les années à venir ?

Si l’on trouvait une thérapie qui ne nécessite pas d’injections répétées, ce serait une révolution pour nos patients et pour les établissements de santé qui s’occupent du traitement des maculopathies. Je pense que l’apport de l’intelligence artificielle sera crucial à l’avenir pour le diagnostic précoce et le suivi de l’évolution de la DMLA.

Pouvez-vous partager une expérience ou un cas emblématique de votre pratique en relation avec la DMLA ?

Dans ma pratique quotidienne au cabinet de l’ophtalmologiste, j’éprouve toujours une grande satisfaction lorsque je vois comment, grâce à un traitement par injections intravitréennes, un patient atteint de DMLA humide peut recommencer à lire le journal, à résoudre une grille de mots croisés ou à voir plus clairement les visages de ses petits-enfants.

Je me souviens en particulier d’une dame âgée qui, avant le traitement, ne pouvait plus broder, car elle ne reconnaissait pas les couleurs des fils, ce qui était très pénible pour elle. Après la première série d’injections, elle a pu renouer avec cette passion avec beaucoup de plaisir.

Comment vous tenez-vous au courant des derniers développements dans le domaine de la DMLA ?

En participant à des congrès nationaux et internationaux, en suivant les publications scientifiques sur le sujet et en discutant régulièrement à mes collègues ophtalmologues.

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