Surmonter les lésions de la coiffe des rotateurs

Les lésions de la coiffe des rotateurs

À l’heure où la quête de la performance et du bien-être à travers le sport est devenue une norme, les blessures sportives, en particulier celles affectant la coiffe des rotateurs, représentent des défis importants pour les passionnés d’activités physiques. Ces lésions, bien qu’elles puissent sembler décourageantes, ouvrent pourtant la porte à des témoignages enrichissants. À travers les parcours de Jacqueline et Florian, nous en apprenons plus sur les embûches liées à de telles blessures. 

Par Adeline Beijns

Au-delà des pavés de Bruges

Jacqueline, 42 ans, incarne l’archétype de la professionnelle active pour qui le sport n’est pas seulement une routine mais une réelle passion. C’est armée de ses baskets qu’elle part à la conquête de Bruges, ville d’histoire et de charme, lors d’un week-end avec son mari. Mais l’aventure tourne au drame lorsque les pavés de la cité médiévale deviennent le théâtre d’une chute inattendue. En un instant, une foulée mal assurée la fait tomber par terre, transformant son escapade en un parcours ensanglanté. Voulant amortir la chute avec sa main gauche, c’est tout son bras qui a pris le choc de l’accident.

Après une IRM, le diagnostic tombe, la quadragénaire souffre d’une tendinite à la coiffe des rotateurs, imposant une pause dans sa pratique sportive et l’engagement dans un long processus de rééducation avec une physiothérapeute. Deux fois par semaine, cette dernière lui conseille des exercices adaptés. Pendant cette longue période de repos forcé, Jacqueline a pu compter sur le soutien infaillible de son mari qui a pu constater ce que c’était que de vivre avec une sportive qui ne peut plus faire de sport : « un vrai lion en cage » commente-t-il.

Cancer
Récupéré sur : giphy.com

Mais heureusement, après 4 mois de repos et de séances de physiothérapie, Jacqueline retrouve enfin les joies de la natation. « C’est quand même un comble d’être blessée à l’épaule en faisant son jogging » confie la sportive. Elle n’a pas tort.

Des pistes de Saas-Fee à la sérénité tunisienne

À l’âge de 64 ans, après une carrière dédiée au secteur pharmaceutique, Florian s’est retrouvé face à un défi majeur, un souvenir douloureux remontant à ses 44 ans, à une époque où sa passion pour le snowboard le mène au sommet de l’Allalin à Saas-Fee. Ce matin-là, sous un ciel d’hiver éclatant de lumière, il ne s’attend pas à ce que sa descente se termine par une chute dramatique, motivée par la peur soudaine d’une collision avec une petite fille et son père, au milieu de la piste.

L’impact contre le sol froid et dur ne lui semble d’abord qu’un désagrément mineur, jusqu’à ce que la réalité de sa situation se révèle le lendemain : une épaule immobilisée par la douleur, le signe indéniable d’une blessure grave. La visite chez le médecin et l’IRM qui suivirent confirment ses craintes : une déchirure de la coiffe des rotateurs. Florian est alors confronté à la nécessité d’une intervention chirurgicale, un tournant qu’il n’avait pas anticipé. La chirurgie, suivie d’une rééducation de trois mois centrée sur des exercices aquatiques, marque le début d’une longue période de guérison. Cette étape de sa vie a été l’occasion d’une introspection profonde sur sa relation au sport et à l’activité physique.

Mais ce n’est pas tout. Le destin lui réserve une autre épreuve : six mois après s’être remis de sa première opération, un effort trop ambitieux lors de travaux de jardinage provoque une nouvelle déchirure au même endroit. Cette seconde blessure a été bien plus qu’un simple revers physique, elle a été une remise en question de ses limites et de ses capacités de récupération.

Cancer
Récupéré sur : giphy.com

La complexité de la seconde intervention chirurgicale et les restrictions strictes imposées par son chirurgien l’amènent à prendre une décision difficile mais sage : renoncer au snowboard, au tennis, et à tout soulèvement de charges lourdes. Face à ces restrictions, Florian ne se laisse pas abattre. Il découvre dans les sports plus doux, tels que la randonnée en raquettes, une nouvelle source de plaisir et de satisfaction.

Son choix de passer six mois par an en Tunisie, loin des contraintes climatiques et physiques de ses passions d’antan, reflète une adaptation réussie à une nouvelle phase de vie. Là, sous le soleil, entre mer et désert, Florian a trouvé un renouveau, prouvant qu’il est possible de se réinventer, quelle que soit l’étape de la vie ou les défis rencontrés.

La science derrière la blessure

Pour compléter ces témoignages, il est essentiel de s’arrêter un moment sur l’aspect médical de la coiffe des rotateurs. Composée de quatre tendons et muscles, elle joue un rôle crucial dans la mobilité et la stabilité de l’épaule. Les blessures à cette structure peuvent survenir à la suite de traumatismes directs, comme dans le cas de nos protagonistes, mais aussi en raison de l’usure ou de mouvements répétitifs.

Le traitement varie de la physiothérapie à la chirurgie, en fonction de la gravité de la lésion. La rééducation joue un rôle primordial dans le processus de guérison, visant à restaurer la force, la flexibilité et la fonction de l’épaule. L’importance de suivre un programme de réhabilitation personnalisé, guidé par des professionnels de la santé, ne peut être sous-estimée. C’est d’ailleurs dans cette rigueur et cet accompagnement médical que Jacqueline et Florian ont trouvé les clés de leur récupération.

Au-delà de la guérison

Les histoires de Jacqueline et Florian ne sont pas seulement des récits de blessures et de récupération, elles mettent également en lumière l’importance de la prévention autant que possible même si leurs témoignages reflètent des accidents imprévus. La sensibilisation aux risques associés à certaines activités sportives et la mise en œuvre de stratégies préventives, comme l’échauffement adéquat et le renforcement musculaire, sont essentielles pour minimiser le risque de blessures.

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