Le mystère du déni de grossesse

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Certains mystères de la santé et du bien-être demeurent insaisissables, se dérobant aux explications faciles et remettant en question nos compréhensions établies. Parmi eux, le déni de grossesse se distingue par sa complexité et son caractère contre-intuitif. Ce sujet complexe soulève à la fois étonnement, interrogations, et nécessite une attention particulière. À travers cet article, explorons le phénomène du déni de grossesse grâce au récit de Marina, une jeune femme de 26 ans qui a vécu cette expérience bouleversante.

Par Adeline Beijns

Entre déni et réalité

Le déni de grossesse est un phénomène psychologique où une femme enceinte ne prend pas conscience de sa grossesse, parfois jusqu’au moment de l’accouchement. Il peut se manifester de deux manières : un déni partiel, où la femme reconnaît sa grossesse très tardivement, ou un déni total, où la grossesse n’est découverte qu’au moment de l’accouchement. Ce phénomène reste énigmatique tant pour les professionnels de la santé que pour les personnes qui le vivent, car il défie l’expérience de la grossesse communément acceptée et attendue.

Contrairement aux idées reçues, le déni de grossesse ne touche pas uniquement des femmes spécifiques mais peut arriver à toutes, indépendamment de leur âge, statut social ou antécédents médicaux. Savoir combien de femmes sont touchées est difficile à estimer. Cependant, selon des études et des rapports internationaux, le déni de grossesse est un phénomène rare, affectant environ 1 sur 2500 à 1 sur 3000 grossesses.

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Le parcours de Marina

C’est à 18 ans, à l’âge où la vie mêle insouciance et début des responsabilités que Marina a été confrontée à un déni de grossesse. Jusqu’à ce jour fatidique, rien ne semblait inhabituel dans sa vie de jeune adulte. Elle était en couple depuis trois ans, suivait un apprentissage en restauration et se concentrait sur ses examens à venir. C’est une remarque sur son état de fatigue inhabituel qui a été le catalyseur de découvertes surprenantes. Marina s’est sentie différente, a réalisé qu’elle n’avait pas eu ses règles depuis un mois et, poussée par une intuition, a décidé de faire un test de grossesse.

Le résultat positif a été un choc. Marina s’est précipitée chez son gynécologue, où une grossesse de 7 mois lui a été révélée. « À ce moment, tout s’est bousculé dans ma tête. Je n’aurais jamais imaginé être enceinte, encore moins de 7 mois, » partage Marina. Le bouleversement fut total. Elle était en pleine période d’examens, une période déjà stressante sans l’ajout de cette nouvelle inattendue.

Les défis et l’acceptation

Annoncer la nouvelle à sa famille et à celle de son compagnon fut un autre défi. Heureusement, l’accueil fut bienveillant et enthousiaste. « L’accouchement s’est bien passé, et j’ai eu un véritable coup de foudre pour ma fille, tout comme son papa, » raconte Marina. Un fait marquant de son histoire est que les signes physiques de sa grossesse ne sont apparus qu’après qu’elle a été informée de sa grossesse. Marina, Sofia, et leur papa vivent aujourd’hui une vie de famille épanouie, malgré le début inattendu de leur histoire.

Comprendre le phénomène

Le déni de grossesse demeure l’un des phénomènes les plus énigmatiques dans le domaine de la santé maternelle. Ainsi, il met en lumière les mécanismes psychologiques complexes qui peuvent influencer la perception qu’une femme a de son propre corps. Dans certains cas, le déni peut être vu comme un mécanisme de défense face à une grossesse non prévue ou stressante, permettant à la femme de ne pas affronter une réalité pour laquelle elle ne se sent pas prête. Ce phénomène soulève d’importantes questions sur la manière dont le psychisme peut influencer le somatique, c’est-à-dire la relation entre l’esprit et le corps.

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Intéressant est le fait que chez certaines femmes, les signes physiques de la grossesse peuvent être moins évidents ou interprétés différemment. Par exemple, les mouvements du fœtus peuvent être perçus comme des symptômes gastro-intestinaux ou le gain de poids peut être attribué à d’autres facteurs. Cette absence de reconnaissance des signaux physiques habituels de la grossesse contribue à la complexité du déni.

Sensibiliser encore et encore

L’entourage et les normes sociétales jouent également un rôle dans le phénomène du déni de grossesse. La pression sociale, la peur du jugement, ou encore le manque de soutien peuvent exacerber les sentiments d’isolement ou de déni chez la femme enceinte. Il est donc crucial d’adopter une approche empathique et sans jugement pour accompagner les femmes qui vivent cette expérience.

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