Sucres ajoutés : ils sont partout !

Copyright photo : Mae Mu 

Omniprésents dans notre alimentation moderne, les sucres ajoutés sont un véritable fléau de santé publique. Être conscient de leur présence et de leur quantité est un premier pas pour les limiter et opter pour des choix alimentaires plus sains. C’est précisément l’objectif de l’action MAYbe Less Sugar. Entretien réalisé auprès de Léonie Chinet, Secrétaire générale de diabètevaud.

Par Adeline Beijns

Au mois de mai, vous lancez l’action MAYbe Less Sugar qui vise à sensibiliser la population aux sucres ajoutés. Qu’est-ce qui distingue un sucre ajouté d’un sucre qui ne l’est pas ? 

Les sucres ajoutés sont des sucres qui sont ajoutés aux aliments et aux boissons au cours de leur transformation ou de leur préparation. Il s’agit par exemple du sucre de table (saccharose), du sirop de glucose et du sirop de maïs à haute teneur en fructose. En revanche, les sucres naturels proviennent d’aliments tels que les fruits, les légumes, les féculents (pommes de terre, riz, pâtes, pain…) et les produits laitiers. Ces sucres sont naturellement présents dans ces aliments.

Où les retrouve-t-on principalement ? 

Il est important de lire attentivement les étiquettes nutritionnelles pour identifier les aliments contenant des sucres ajoutés, car ceux-ci peuvent se trouver dans des aliments inattendus. Ils sont présents en grande quantité dans les boissons sucrées (les sodas, les jus de fruits, les boissons pour sportifs, les boissons énergisantes et le café ou le thé sucré), les bonbons et les sucreries tels que les chocolats, les biscuits et les pâtisseries mais aussi dans les produits laitiers sucrés (les yaourts aromatisés).

Est-ce qu’en Suisse, on en mange tant que cela ?

Malheureusement oui. On estime qu’un adulte consomme en moyenne 110 grammes de sucres ajoutés par jour alors que les recommandations sont de maximum 50 grammes, et de 25 grammes pour les enfants entre 3 et 12 ans.

Pourquoi sont-ils mauvais ?

Ils le sont pour deux raisons principales à savoir, leur grande quantité lorsqu’ils sont présents (5 décilitres de soda contiennent environ 50 grammes de sucres ajoutés) et le fait qu’ils soient isolés c’est-à-dire qu’ils ne soient pas combinés à d’autres nutriments. En revanche, les aliments contenant naturellement des sucres sont généralement composés de fibres et d’autres nutriments qui contribuent à ralentir l’absorption du sucre dans la circulation sanguine et à en faire une source d’énergie pour notre organisme.

De plus, ces aliments offrent aussi d’autres avantages pour la santé que leur teneur en sucre, tels que des vitamines, des sels minéraux et des antioxydants. Les sucres ajoutés affectent notre organisme de manière brutale en provoquant une augmentation rapide du taux de sucre dans le sang et une accumulation de graisse viscérale. Au fil du temps, une consommation excessive de sucres ajoutés peut entraîner toute une série de maladies chroniques telles que les troubles cardiovasculaires, le diabète de type 2 et bien sûr, l’obésité.

Est-ce que cela veut dire que les sucres non ajoutés sont « bons » ? 

Oui absolument et en tant que source d’énergie, ils sont même indispensables, notamment pour nos nombreuses fonctions cérébrales mais aussi lorsque nous faisons de l’activité physique.

Comment se déroule l’action MAYbe Less Sugar et qui fait-elle intervenir ? 

Sur l’initiative de diabètevaud et la collaboration de nombreux partenaires, nous organisons en mai, dans toute la Suisse romande, des événements qui abordent la question des sucres ajoutés sous un angle ludique et du plaisir.

https://maybeless-sugar.ch

Un site internet qui regorge d’informations et de conseils et permet de créer un compte pour accéder à un calculateur en ligne pour déterminer la quantité de sucres ajoutés consommée du jour. En lisant des étiquettes, il n’est pas toujours possible de distinguer les sucres ajoutés des sucres naturels. Cet outil en ligne est là pour savoir combien on consomme de sucres ajoutés et quels produits y contribuent.

Diabètevaud
Cet article vous a plu ?
Abonnez-vous à la version papier Salle d’attente pour avoir accès à toutes les informations sur le sujet: témoignages, tests, adresses utiles, infographies et autres.
Alors n’attendez-plus !
CHF39.00

Loading

Partagez sur

Facebook

Plus d’articles :

Réadaptation en ambulatoire : la Clinique du Grand-Salève ouvre une nouvelle ère

Depuis son ouverture en 2018, la Clinique du Grand-Salève s’est imposée comme un pilier dans le domaine de la santé mentale et de la réadaptation. Située dans un cadre serein et propice à la guérison, elle propose une approche holistique pour aider les patients à retrouver leur équilibre. Mais depuis mai 2025, une nouveauté marque un tournant : le lancement du centre ambulatoire de réadaptation. Contrairement à la santé mentale, gérée en hospitalisation complète pour un suivi intensif, la réadaptation se fait désormais en mode ambulatoire, permettant aux patients de rentrer chez eux après chaque séance.

Loading

Lire la suite »

Santé mentale : l’importance de la mixité et d’une approche multidisciplinaire

Dans un monde où le stress quotidien, les pressions professionnelles et les défis personnels peuvent ébranler notre équilibre intérieur, la santé mentale est devenue un enjeu majeur de société. La prise en charge psychiatrique, psychologique et psychothérapeutique joue un rôle essentiel pour accompagner les individus vers un mieux-être durable. Elle ne se limite pas à un traitement médical isolé, mais intègre une vision globale de la personne, en tenant compte de ses émotions, de son environnement et de ses relations. Pour explorer ces aspects, nous avons interviewé le Dr. Nicolas Schneider, psychiatre et psychothérapeute à la Clinique La Lignière. Située dans un cadre magnifique au bord du lac Léman, avec un domaine agrémenté d’une forêt, cette clinique offre un havre de paix propice au ressourcement. Spécialiste en addictologie, troubles du comportement alimentaire et victimologie, le Dr. Schneider partage son expertise sur les troubles mentaux et leurs approches thérapeutiques.

Loading

Lire la suite »

Mal de dos : briser les mythes pour soulager la douleur

Le mal de dos, ou lombalgie, touche près de 80% des adultes au cours de leur vie, faisant de lui l’un des maux les plus répandus de notre époque. Pourtant, derrière cette affliction commune se cachent de nombreuses croyances erronées, ancrées dans l’imaginaire collectif, qui non seulement perpétuent la souffrance, mais peuvent aussi transformer une douleur aiguë en un problème chronique. Ces idées fausses, partagées tant par les patients que par certains professionnels de santé, ont un impact délétère : elles instillent la peur, favorisent l’inaction et entravent une guérison optimale. Pour éclairer ce sujet crucial, nous avons interrogé le Prof. Stéphane Genevay, médecin adjoint agrégé au Service de rhumatologie des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), responsable du programme ProMIDos dédié à la prise en charge multidisciplinaire des douleurs dorsales.

Loading

Lire la suite »

Et si on changeait les règles du jeu ?

Et si la clé du plaisir se cachait dans la curiosité ou l’envie de se redécouvrir ? Trois couples racontent
comment une idée un peu folle a transformé leur intimité. Entre maladresses, rires et vraies émotions,
ces expériences insolites leur ont surtout appris à se reconnecter à eux-mêmes… et à l’autre.

Loading

Lire la suite »

Parler sans honte : la santé intime face au cancer

Quand on pense au cancer, on imagine souvent des traitements lourds et des combats médicaux. Mais qu’en est-il de la vie intime des patients ? Douleurs, baisse de l’estime de soi, changements corporels ou troubles proctologiques peuvent bouleverser la sexualité et le bien-être. À Genève, le 6ème Symposium Oncologie, Sexologie, Proctologie des HUG a réuni en juin des experts pour aborder ces sujets trop souvent tus. Rencontre avec la Docteure Marie-Laure Amram, oncologue, et le Professeur Frédéric Ris, colo-proctologue, qui nous expliquent pourquoi la santé sexuelle est au cœur de la qualité de vie et comment oser en parler peut tout changer.

Loading

Lire la suite »

Vasectomie : pour une planification consciente

De plus en plus d’hommes assument activement leur rôle dans la planification familiale et choisissent de subir une vasectomie. C’est aussi le cas de Boris Kasper (41 ans), qui a pris cette décision en toute conscience. Dans ce témoignage, il raconte pourquoi il a opté pour cette intervention, comment il a vécu l’opération et ce qui a changé depuis. Son histoire montre qu’une vasectomie doit être mûrement réfléchie, mais qu’elle n’a rien d’effrayant ni de tabou.

Loading

Lire la suite »