La SLA, une maladie au profil très différent

Maladie neurodégénérative rare du système moteur, la sclérose latérale amyotrophique (SLA), plus souvent connue sous le nom de maladie de Charcot, touche environ 700 personnes en Suisse. Elle se caractérise par une atteinte des muscles du corps mais peut toucher les patients de manière très différente. Entretien réalisé auprès de la PD Dre Annemarie Hübers, Médecin adjointe agrégée du Service de neurologie (Département des neurosciences cliniques) aux Hôpitaux universitaires de Genève.

Par Adeline Beijns

Qu’est-ce que la SLA ?

Il s’agit d’une maladie neurodégénérative évolutive qui est caractérisée par un affaiblissement puis une paralysie des muscles des jambes et des bras, des muscles respiratoires, ainsi que des muscles de la déglutition et de la parole. Il existe cependant une grande variabilité dans les symptômes, ce qui fait que certaines personnes peuvent être principalement touchées au niveau des jambes tandis que d’autres souffriront plus au niveau des muscles de la déglutition.

Y a-t-il un profil type de patients ?

Pas vraiment même si on peut dire qu’il s’agit d’une maladie du patient âgé qui se déclare généralement entre 50 et 70 ans. Elle peut cependant toucher des patients très jeunes de 18 ans ou au contraire des personnes âgées de plus de 80 ans. Les femmes sont en général un peu moins fréquemment touchées que les hommes même s’il existe certaines formes de la maladie qui concernent un peu plus les femmes que les hommes.

Comment la maladie évolue-t-elle ?

Même si cette maladie rare et grave présente une évolution très différente selon les patients, elle réduit significativement l’espérance de vie des personnes atteintes. C’est en effet, endéans les trois à quatre années qui suivent l’apparition des symptômes que les malades en décèdent. Dans la plupart des cas, le décès est causé par une faiblesse des muscles respiratoires.

Dans quelle mesure, le patient en souffre-t-il au quotidien ? Quel est l’impact de la maladie sur sa qualité de vie ?

L’expression de la SLA peut être très différente d’un patient à l’autre mais de manière générale, la maladie affecte grandement les activités quotidiennes qui deviennent de plus en plus difficiles et de plus en plus lourdes à réaliser. Les personnes principalement touchées aux jambes, devront se déplacer en chaise roulante tandis que celles dont les muscles des mains présentent des faiblesses, ne pourront plus couper leurs aliments ni déboutonner une chemise par exemple. Quant aux patients ayant des difficultés à déglutir, elles devront, la plupart du temps, se nourrir à l’aide d’une sonde. Des études ont cependant montré que la qualité de vie telle qu’elle était vécue par les patients était généralement meilleure que celle que les soignants ou les proche-aidants pensaient qu’ils avaient. C’est donc une bonne nouvelle.

Comment rassurer les patients lorsque vous devez leur annoncer le diagnostic ?

Communiquer le diagnostic à un patient est toujours un événement difficile pour lequel, je prends le temps. Je propose généralement à la personne d’être accompagnée par un proche pour qu’elle ait le soutien nécessaire en sortant de l’hôpital. J’offre aussi plusieurs rendez-vous pour qu’elle ait la possibilité de poser toutes les questions qu’elle aurait. Je leur dis également que malgré la gravité de la maladie, nous disposons aujourd’hui de moyens pour freiner son évolution que ce soit avec des médicaments, des traitements de physiothérapie et d’ergothérapie ou encore avec des systèmes de ventilation respiratoire.

Comment rassurer les patients lorsque vous devez leur annoncer le diagnostic ?

Il y en a principalement trois à savoir, que le patient n’est pas correctement pris en charge, est traité par des médicaments qui ne sont pas indiqués et le fait qu’il ne peut pas faire partie d’études cliniques médicamenteuses qui pourraient l’aider. Cette dernière conséquence est très importante car je considère que chaque patient devrait avoir la possibilité de participer à une étude au niveau international.

Cet article a été réalisé avec l’aimable soutien de Mitsubishi Tanabe Pharma GmbH

L’ indépendance de l’opinion du médecin a été entièrement respectée

Vous avez aimé cet article ? Ne manquez pas :

Cet article vous a plu ?
Abonnez-vous à la version papier Salle d’attente pour avoir accès à toutes les informations sur le sujet: témoignages, tests, adresses utiles, infographies et autres.
Alors n’attendez-plus !
CHF39.00

Loading

Partagez sur

Facebook

Plus d’articles :

Rhume des foins : quand les pollens perturbent notre quotidien

Le rhume des foins, également appelé rhino-conjonctivite allergique saisonnière, est une affection qui touche une part significative de la population suisse. Selon les données disponibles, environ 20% des Suisses souffrent d’une allergie au pollen1. Cette prévalence élevée souligne l’importance de comprendre les symptômes, les profils des patients les plus touchés, les mesures préventives et les éventuelles complications associées à cette allergie.

Loading

Lire la suite »

Romain, l’éternel aimant à moustiques

Romain, 28 ans, adore sa petite maison près d’une rivière, entourée de nature. Le matin, il est réveillé par le clapotis de l’eau, le soir il profite du coucher de soleil sur sa terrasse. Tout pourrait être idyllique, mais ces fichus moustiques viennent gâcher la fête. Il ne comprend pas vraiment pourquoi, mais il est toujours celui que les moustiques choisissent. Il semble être le plat principal de leur buffet. Quand il est dehors avec ses amis, il peut parier qu’il aura à lui seul au moins dix fois plus de piqûres que tous les autres réunis.

Loading

Lire la suite »

Quand l’été bourdonne

Avec le printemps et l’été, arrivent les journées chaudes, les longues soirées et le moment idéal pour les aventures en plein air. Que ce soit pour des barbecues entre amis, des promenades tranquilles dans la nature ou de longues randonnées, c’est le moment de profiter pleinement du soleil et de l’air frais. L’été offre toutes les choses agréables que nous attendons toute l’année : du soleil, des heures de détente en plein air et la sensation de laisser le quotidien derrière soi. S’il n’y avait pas ce petit inconvénient bourdonnant : les moustiques.

Loading

Lire la suite »

Allergies : quand le corps dit non

La survenue d’une allergie peut bouleverser la vie de celles et ceux qui en souffrent. Qu’il s’agisse de réactions légères ou de véritables urgences, chaque témoignage apporte un éclairage précieux sur la diversité de ces sensibilités. Découvrons les parcours de six personnes confrontées à ces défis.

Loading

Lire la suite »

Quand le pollen s’invite : les clés pour en limiter l’impact

Avec l’arrivée des beaux jours, le pollen refait surface, transformant pour beaucoup le plaisir du printemps en une série d’éternuements et de mouchoirs. Mais qu’est-ce qui se cache derrière cette allergie si courante et souvent sous-estimée ? Pour démêler les mystères de la rhinite allergique saisonnière et offrir des solutions concrètes, nous avons interrogé la Dre. Jacqueline Wassenberg, spécialiste en allergologie, immunologie clinique et pédiatrie.

Loading

Lire la suite »

Désensibilisation, le chemin vers un printemps serein

Chaque année, lorsque les arbres bourgeonnent et que les fleurs éclosent, des millions de personnes accueillent le printemps avec un mélange de joie et d’appréhension. Pour les enfants allergiques au pollen, comme le fils de Mahéva, cette saison rime souvent avec nez qui coule, yeux qui piquent et journées gâchées. Mais grâce à la désensibilisation, aussi appelée immunothérapie, une lueur d’espoir s’est allumée dans leur quotidien. Dans cet entretien, Mahéva, maman d’édouard, 8 ans, autrefois contraint par son allergie, nous raconte comment elle a bouleversé leur vie, les solutions qu’ils ont explorées et, surtout, comment ce traitement a redonné à son fils le goût des jours ensoleillés

Loading

Lire la suite »