Mon enfant a mal !

Lorsqu’un enfant souffre d’une maladie ou s’est blessé, les parents et le personnel soignant se sentent souvent bien démunis. Face à la douleur de l’enfant, l’incapacité à connaître sa gravité due au fait qu’il ne sait pas toujours exprimer ce qu’il ressent, est un obstacle à une prise en charge thérapeutique adéquate. Voici quelques idées pour entamer un dialogue.

Par Adeline Beijns

Communiquer avant tout

Évidemment, personne n’aime voir un enfant dans l’inconfort. Il est important d’être capable d’évaluer quand ils ont mal afin de pouvoir la gérer efficacement. Tous les enfants, y compris les nourrissons, ressentent la douleur, et la façon dont ils l’expriment est tout aussi unique que leur personnalité. En tant que parent, il est possible de faire appel à différentes techniques pour identifier la douleur chez les enfants, ainsi que d’enseigner aux enfants comment exprimer leur propre douleur.

6 idées pratiques

Pour leur apprendre ce qui est normal, anormal et comment écouter leur corps, il est important d’instaurer un dialogue au sujet de la douleur. Voici quelques idées pour définir un moyen de communication avec un enfant:

  1. Dialoguer au sujet de la douleur
    Certains enfants ne savent pas que la douleur quotidienne n’est pas normale. Il est important d’expliquer que tout le monde est différent, qu’il existe toute une gamme de douleurs et que la douleur peut être prise en charge si un adulte en est informé.
  2. Identifier les différences
    La douleur neuropathique peut être décrite comme une sensation de picotement, de brûlure, de chaleur ou de froid. La douleur musculaire est parfois décrite comme sourde, rongeante et lancinante. La douleur psychosomatique est une douleur qui est davantage influencée par les émotions et qui peut être décrite comme fatigante ou encore effrayante.
  3. Evaluer la douleur
    L’échelle des visages de Wong-Baker est un excellent outil à utiliser avec les enfants pour évaluer le niveau de douleur qu’ils ressentent. Montrez-leur l’échelle et demandez-leur de désigner un visage correspondant à la douleur qu’ils ressentent ce jour-là.
  4. Observer la douleur
    Une douleur constante et régulière sont deux choses très différentes. Constante signifie que la douleur est toujours présente, peu importe l’heure. Il s’agit d’une douleur présente 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Régulière signifie que la douleur suit un schéma, en fonction d’une certaine activité, d’un certain mouvement ou même à un certain moment de la journée. Leur apprendre à les différencier permettra de déterminer la cause de la douleur.
  1. Bilan émotionnel
    Les émotions et la douleur peuvent s’alimenter mutuellement comme en témoignent les douleurs psychosomatiques. Il est important de suivre les émotions quotidiennes de l’enfant afin de déterminer s’il existe un lien entre son humeur et sa douleur.
  2. Planifier des discussions
    Il est essentiel de faire un bilan régulier avec un enfant qui souffre de problèmes chroniques car ils ne savent pas intuitivement qu’ils doivent exprimer ce qu’ils ressentent. Prévoyez une discussion par jour, par semaine ou par mois, en fonction de ce dont votre enfant semble avoir besoin. Tenez un journal afin de vous souvenir des réponses précédentes et de faire le suivi si nécessaire pour les rendez-vous chez le médecin.

Vous avez aimé cet article ? Ne manquez pas

Cet article vous a plu ?
Abonnez-vous à la version papier Salle d’attente pour avoir accès à toutes les informations sur le sujet: témoignages, tests, adresses utiles, infographies et autres.
Alors n’attendez-plus !
CHF39.00

Loading

Partagez sur

Facebook

Plus d’articles :

De la fatigue au diagnostic : Les HPV ne sont pas une fatalité

Les virus du papillomavirus humain (HPV) sont l’une des infections sexuellement transmissibles les plus courantes au monde, touchant près de 90% des femmes et des hommes au moins une fois dans leur vie. En Suisse, ces virus sont responsables de plus de 99% des cas de cancer du col de l’utérus, avec environ 250 nouveaux diagnostics chaque année chez les femmes, dont 80 décès. Face à ce constat, le dépistage régulier, via des frottis cervicaux, reste crucial.¹ L’OFSP recommande d’effectuer la vaccination contre les HPV dès l’âge de 11 à 14 ans, car la protection est optimale lorsque la vaccination a lieu avant le premier contact sexuel. Le vaccin est toutefois recommandé chez toutes les adolescentes et les jeunes femmes jusqu’à 26 ans.² Ce témoignage de Sophie, 59 ans, illustre l’impact personnel des HPV et plaide pour une prévention partagée impliquant aussi les hommes.

Loading

Lire la suite »

Thérapie invasive de la douleur dans la pratique clinique

Les douleurs chroniques sont très répandues et pèsent lourdement aussi bien sur les personnes concernées que sur le système de santé. Dans cet entretien, le Dr. Lucian Macrea, spécialiste en anesthésiologie et en médecine interventionnelle de la douleur à Lucerne, donne un aperçu de la thérapie invasive de la douleur. Il explique comment des interventions ciblées peuvent soulager la douleur, quels groupes de patients en bénéficient et pourquoi les facteurs psychosociaux ainsi que la collaboration interdisciplinaire sont déterminants pour la réussite d’un traitement.

Loading

Lire la suite »

Cancer de la prostate : ce que tout homme doit savoir

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez les hommes, mais il reste entouré de nombreuses idées reçues. Grâce à un dépistage précoce et à des prises en charge multidisciplinaires, les perspectives d’évolution se sont considérablement améliorées. Donc, la sensibilisation reste essentielle pour inciter les hommes à prendre leur santé en main. Dans cet entretien, nous avons interrogé le Dr. Berardino De Bari, chef du service de radio-oncologie du Réseau Hospitalier Neuchâtelois.

Loading

Lire la suite »