Les paupières : plus importantes qu’on croit !

Avec les cils, les paupières contribuent à protéger les yeux des corps étrangers et des agressions qui pourraient les blesser. Elles ont aussi une autre fonction essentielle : la lubrification des yeux. Une bonne hygiène permet de les maintenir en bonne santé. Entretien réalisé auprès du Docteur med. Gian Luca Pedroli, ophtalmologue FMH à Mendrisio. 

Par Adeline Beijns

Docteur Pedroli, à quoi servent nos paupières ?

Une paupière est une fine couche de peau qui recouvre et protège l’œil. Elles contiennent une rangée de cils qui protègent également l’œil des particules de poussière, des corps étrangers, d’une lumière ou d’une chaleur trop importante et de la transpiration. Outre ce rôle de protection contre les agressions, les paupières assurent la bonne lubrification des yeux en répartissant les larmes sur toute leur surface. Sans cette fonction, la cornée se mettrait à dessécher et pourrait même développer un ulcère.

Peuvent-elles être sujettes à des maladies ?

Oui et il en existe même plusieurs. Les paupières peuvent être infectées par un virus, comme celui du zona. Cela s’observe surtout chez les personnes âgées qui souffrent alors de douleurs atroces. Mais les virus ne sont pas les seules causes d’infections qui peuvent aussi être amenées par des bactéries, des mycoses, des parasites (poux, démodex…). Toutes ces pathologies peuvent avoir de graves conséquences sur la vision et donc sur la qualité de vie des patients.

Quels sont les symptômes ?

Les yeux présentent généralement des croutes et des rougeurs, peuvent être larmoyants et être douloureux. En vieillissant, il arrive aussi parfois que les paupières s’affaissent ce qui peut amener les cils à entrer dans l’œil.

Les cancers, peuvent-ils toucher les paupières ?

Hélas oui et il est dès lors très important de faire contrôler régulièrement ses yeux par un ophtalmologue qui contrôle également les paupières. Mieux vaut s’y rendre sans maquillage lorsqu’on est une femme car cela permet au spécialiste de mieux voir les altérations de la peau mais aussi les tâches et les grains de beauté. Le basaliome est le type de cancer le plus courant et il est fort heureusement, sans grande gravité la plupart du temps.

Mais il doit être soigné. Un mélanome, un type de cancer beaucoup plus grave peut aussi se développer sur une paupière voire dans l’œil et il faut le traiter le plus rapidement possible car il peut développer des métastases dans d’autres parties du corps.

Que recommandez-vous pour avoir des paupières en bonne santé ?

Une bonne hygiène est primordiale. Se laver soigneusement les paupières, matin et soir, est très important afin d’enlever toutes les petites croutes. Avec l’âge, c’est bien connu, on aime de moins en moins se laver et c’est pour cette raison que les personnes âgées sont particulièrement à risque de développer une pathologie des paupières. Au moindre problème, il ne faut pas attendre que la situation s’aggrave et il est recommandé d’aller voir un ophtalmologue.

Les opérations de chirurgie esthétique qui visent à donner «un coup de jeune » en enlevant le surplus de peau, sont-elles sans risques ?

Nous connaissons tous ou avons tous déjà vus des personnes, au regard tiré et figé, qui avaient subi une blépharoplastie au cours de laquelle les paupières avaient été trop « raccourcies ». Destinée aux paupières inférieures et/ ou supérieures «affaissées», cette opération vise à rectifier l’aspect vieilli et fatigué du regard. Lorsque les paupières ne peuvent plus se fermer, la personne court un risque très grave car l’œil n’est plus lubrifié et la cornée risque de se dessécher.

Au vu de l’aspect délicat de l’opération, je conseille de toujours s’adresser à des chirurgiens plasticiens spécialisé en ophtalmologie, ce qu’on appelle des «oculo-plasticiens» car ils maîtrisent non seulement l’aspect technique de l’acte chirurgical mais connaissent aussi l’importance du rôle joué par les paupières.

Vous avez aimé cet article ? Ne manquez pas :

Cet article vous a plu ?
Abonnez-vous à la version papier Salle d’attente pour avoir accès à toutes les informations sur le sujet: témoignages, tests, adresses utiles, infographies et autres.
Alors n’attendez-plus !
CHF39.00

Loading

Partagez sur

Facebook

Plus d’articles :

Diabète : Quand la technologie simplifie le quotidien

Vivre avec le diabète, c’est composer chaque jour avec la surveillance de la glycémie et la peur des variations imprévisibles. Grâce aux capteurs de glucose en continu (CGM), les patients peuvent suivre leurs valeurs en temps réel, agir immédiatement et retrouver plus de liberté au quotidien. Combinée à un accompagnement médical adapté, cette technologie redonne confiance, autonomie et qualité de vie, en plaçant le patient au centre de sa prise en charge.

Loading

Lire la suite »

Partie 3 – La salle d’attente : le couloir de l’ombre

Découvrez la fin de l’histoire de Daniela Vaucher. Elle a traversé deux cancers et est aujourd’hui en rémission. Pendant toute la durée de ses traitements, c’est dans la salle d’attente de son oncologue qu’elle a tenu son journal intime — un refuge de mots et d’émotions face à l’inconnu. Dans une série de témoignages à paraître sur plusieurs éditions, elle partage avec nous son parcours, entre doutes, espoir et résilience.

Loading

Lire la suite »

Troubles de la marche et de l’équilibre : les premiers signes de l’ataxie de Friedrich

L’ataxie de Friedreich est une maladie neurologique rare, d’origine génétique, qui touche principalement la coordination des mouvements. Elle est provoquée par une atteinte progressive du système nerveux et du muscle cardiaque. En Suisse, on estime qu’environ 200 personnes sont concernées. Elle touche autant les femmes que les hommes, car elle se transmet de façon autosomique récessive*. Les premiers symptômes apparaissent généralement dans l’enfance ou l’adolescence, avec des troubles de l’équilibre et de la marche.

Loading

Lire la suite »

Instants d’espoir : les techniques modernes dans le traitement des maladies de la rétine

Les maladies rétiniennes exigent une grande précision diagnostique et chirurgicale. Dans ce domaine de l’ophtalmologie, les avancées technologiques des dernières années ont profondément transformé la pratique. Quelles sont ces innovations, comment ont-elles changé la chirurgie, et quel impact ont-elles sur les patients ? Le Professeur Matthias Becker, chef de service et directeur du centre de recherche en ophtalmologie de l’hôpital municipal de Zürich Triemli, nous éclaire dans cet entretien.

Loading

Lire la suite »

De la fatigue au diagnostic : Les HPV ne sont pas une fatalité

Les virus du papillomavirus humain (HPV) sont l’une des infections sexuellement transmissibles les plus courantes au monde, touchant près de 90% des femmes et des hommes au moins une fois dans leur vie. En Suisse, ces virus sont responsables de plus de 99% des cas de cancer du col de l’utérus, avec environ 250 nouveaux diagnostics chaque année chez les femmes, dont 80 décès. Face à ce constat, le dépistage régulier, via des frottis cervicaux, reste crucial.¹ L’OFSP recommande d’effectuer la vaccination contre les HPV dès l’âge de 11 à 14 ans, car la protection est optimale lorsque la vaccination a lieu avant le premier contact sexuel. Le vaccin est toutefois recommandé chez toutes les adolescentes et les jeunes femmes jusqu’à 26 ans.² Ce témoignage de Sophie, 59 ans, illustre l’impact personnel des HPV et plaide pour une prévention partagée impliquant aussi les hommes.

Loading

Lire la suite »