« La pompe à insuline à changer ma vie »

Diabétique de type 1 depuis qu’elle a 8 ans, Francine, âgée de 65 ans, n’avait pratiquement jamais connu l’insouciance d’une journée sans injection d’insuline. C’est en lisant Salle d’attente qu’elle découvre la possibilité d’une vie meilleure grâce à une pompe à insuline. C’était il y a un an. Retour sur notre rencontre !

Par Adeline Beijns

Francine, pour quelle(s) raison(s) avez-vous décidé d’échanger vos injections d’insuline pour une pompe ?

Il y en avait plusieurs. Après plus de 50 années d’injections multiples au quotidien, la peau de mon ventre mais aussi celle de mes cuisses, c’est-à-dire là où je m’injectais l’insuline, était devenue bleue, douloureuse et dure. Ce n’est pas très esthétique… et pas confortable non plus. Ma deuxième motivation était liée au fait que malgré un régime alimentaire strict, je ne parvenais pas à contrôler mon diabète et ma santé en souffrait beaucoup ! Mon taux de glycémie était toujours plus élevé que la norme. Ce qui veut dire que même en me privant de presque tout, je n’en voyais pas les résultats. C’était difficile à vivre, surtout pour une gourmande comme moi. Enfin, le fait que la pompe était sans tubulure a été un élément déterminant pour moi pour me lancer.

A-t-il été facile de changer vos habitudes ?

Contre toute attente, à 65 ans, oui ! Il faut savoir que je pratiquais l’insulinothérapie fonctionnelle depuis déjà 6 ans. Ce qui veut dire que je lisais attentivement les étiquettes pour déterminer la quantité de glucides que je mangeais pour ajuster la dose d’insuline à injecter. Vous imaginez au supermarché ! Faire les courses devenait une réelle épreuve. J’étais donc bien au courant de l’impact des repas et de l’activité physique sur la glycémie. Cela m’a permis de faire plus facilement ce « grand saut ».

« Ma glycémie est enfin

redescendue à un taux normal »

J’ai aussi été très bien encadrée par l’équipe pluridisciplinaire de mon endocrinologue qui était toujours là pour répondre à mes questions. Cela m’a beaucoup rassuré surtout quand je partais en voyage. Je savais qu’en cas de pépin avec la pompe, je pouvais compter sur mon endocrinologue et son équipe. Depuis le premier jour, j’ai eu confiance en la fiabilité de la pompe.

Avez-vous constaté des changements sur votre mode de vie ?

Tout d’abord, le fait de ne plus devoir faire 4 à 5 injections par jour. À la fin d’une semaine, cela fait énormément de traumatismes en moins pour ma peau. Au fil des mois, la peau de mon ventre et de mes cuisses est devenue moins gonflée et surtout moins douloureuse. Ensuite, comme la pompe délivre de l’insuline avec une plus petite incrémentation que le stylo, mon diabète a enfin été équilibré, pour la première fois de ma vie ! Ma glycémie est enfin redescendue à un taux normal !

Quand mon endocrinologue a vu ce résultat, il m’a dit : «si j’avais su, j’aurais apporté du champagne !». Et ce résultat n’est pas seulement un chiffre, comme je me suis injectée moins d’insuline, j’ai aussi perdu du poids, sans changer mon régime alimentaire. C’était la cerise sur le gâteau ! Et enfin, il y a eu un grand impact sur ma vie sociale. Alors qu’avant, je me sentais honteuse de devoir « me piquer » au restaurant en présence de ma famille ou de mes amis, tout cela fait partie du passé puisque je ne dois plus me faire d’injections d’insuline par stylo.

Qu’aimeriez-vous dire aux personnes concernées qui redoutent le passage à une pompe ?

Je leur dirais de ne surtout pas hésiter. Cette pompe a véritablement changé ma vie. J’ai 65 ans, le diabète a fait des ravages au niveau de mes yeux. Je ne suis pas une pro de l’informatique et j’y suis quand même arrivée très facilement. Il n’y a aucune raison de se priver d’une vie qui ressemble presque à la normale.

En cas de doute, pensez à consuter un médecin !

Cet article vous a plu ?
Abonnez-vous à la version papier Salle d’attente pour avoir accès à toutes les informations sur le sujet: témoignages, tests, adresses utiles, infographies et autres.
Alors n’attendez-plus !
CHF39.00

Loading

Partagez sur

Facebook

Plus d’articles :

Aliments fonctionnels : que vaut vraiment cette nouvelle tendance nutritionnelle ?

Dans mon café préféré, on trouve soudain du matcha latte, sur les réseaux sociaux les « mushroom coffees » se multiplient, et à la télévision Jennifer Aniston fait la pub d’une poudre de collagène pour une plus belle peau. Les aliments fonctionnels – du terme anglais functional foods – ont quitté le marché de niche. Ce terme désigne des aliments ou boissons qui offrent un bénéfice santé spécifique allant au-delà de leur simple apport nutritionnel. Ce bénéfice est souvent obtenu grâce à l’ajout ou à la présence naturelle d’ingrédients bioactifs. Mais qu’est-ce qui relève du marketing, et qu’est-ce qui apporte réellement un effet bénéfique ? Jetons un œil aux preuves scientifiques derrière certains aliments fonctionnels populaires.

Loading

Lire la suite »

Maladie des os de verre : quand la fragilité n’empêche pas la force

On l’appelle la « maladie des os de verre » en raison de la fragilité extrême du squelette, à l’image d’un verre que l’on pourrait briser au moindre choc. Cette pathologie, dont le nom médical est ostéogenèse imparfaite, est rare mais peut se manifester dès la naissance ou plus tard au cours de l’enfance. Vivre avec des os qui se fracturent facilement est un défi de tous les jours, mais grâce aux avancées médicales et à l’accompagnement adapté, de nombreuses personnes atteintes de cette maladie mènent aujourd’hui une vie active.

Loading

Lire la suite »

Épaule déboîtée : les bons réflexes, du choc à la rééducation

Un choc brutal, une douleur fulgurante, puis cette impression nette que « l’épaule ne tient plus » : chaque année, des milliers de personnes découvrent la luxation de l’épaule, articulation la plus mobile et donc la plus vulnérable du corps. Comment reconnaître immédiatement cette blessure ? Pourquoi faut il consulter en urgence ? Quelle est la meilleure stratégie pour éviter qu’elle ne se reproduise ? Spécialiste de la chirurgie de l’épaule et de la médecine du sport, le Dr. Paolo Fornaciari nous raconte le trajet complet, de la première minute après l’accident à la reprise en toute sécurité de nos activités préférées.

Loading

Lire la suite »

Sous la neige, la flamme : secrets d’une sexualité épanouie en hiver

Les fêtes de fin d’année approchent, avec leur cortège de lumières scintillantes, de repas pantagruéliques et de retrouvailles effervescentes. Mais sous la magie des sapins et des toasts, un invité discret peut se faire la malle : la libido. L’hiver, avec ses journées courtes et son stress festif, n’épargne pas nos désirs intimes. Pour explorer ces défis et y remédier avec finesse, nous avons interrogé le Dr. Lakshmi Waber, psychiatre et sexologue et président de la Société Suisse de Sexologie. Dans cet entretien, il nous livre ses conseils pour que la période des fêtes devienne un allié de notre épanouissement sensuel plutôt qu’un frein.

Loading

Lire la suite »