Traitement de la polyarthrite rhumatoïde

Affection inflammatoire chronique, la polyarthrite rhumatoïde engendre une inflammation des articulations. Complexe, sa cause est multifactorielle dépendant de facteurs génétiques et environnementaux. Entretien auprès du Professeur Thomas Hügle, Chef du Service de rhumatologie du CHUV.

Par Adeline Beijns

Qu’est-ce que la polyarthrite rhumatoïde ? Qui touche-t-elle particulièrement ?

Il s’agit d’une maladie inflammatoire auto-immune c’est-à-dire où l’immunité agresse le propre corps de la personne concernée. Elle est caractérisée par une atteinte chronique des articulations qui peuvent se déformer au fil du temps. Cette affection concerne plus les femmes que les hommes.

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Source : Giphy

En effet, le patient « classique » est une femme âgée d’une trentaine d’années. D’après les statistiques, lorsque la polyarthrite rhumatoïde se développe chez un patient de moins de 50 ans, on compte 4 à 5 fois plus de femmes. Mais la maladie peut toucher toute la population même s’il est rare que les jeunes et les personnes de plus de 60 ans soient touchés.

Quelles sont les causes et les origines de la maladie ?

Il n’y a hélas, pas une seule cause mais bien plusieurs facteurs pouvant conduire à la polyarthrite rhumatoïde. Il s’agit en effet d’un dérèglement du système immunitaire qui devient trop agressif envers les articulations mais aussi les cartilages et les tendons.

“Une mauvaise hygiène buccale, en particulier, peut activer le système immunitaire et attaquer ensuite les articulations.”

Professeur Thomas Hügle

Il y aurait des causes génétiques puisqu’on sait qu’avoir une personne dans la famille souffrant de cette maladie, augmente le risque de la développer également. Il convient toutefois de souligner que la génétique n’est pas la seule responsable: dans le cas de jumeaux monozygotes, c’est-à-dire ceux qui possèdent une information génétique identique, il est possible qu’un seul des deux seulement développe la maladie.

C’est la raison pour laquelle, on ne peut sous-estimer l’importance de facteurs environnementaux tels que le tabac, l’obésité, le stress ou encore un microbiome perturbé, c’est-à-dire les bactéries dont nous sommes colonisés, car il est également associé à la polyarthrite rhumatoïde. Une mauvaise hygiène buccale, en particulier, peut activer le système immunitaire et attaquer ensuite les articulations. Il est en effet aujourd’hui prouvé que ces différents facteurs prédisposent au développement de la polyarthrite rhumatoïde.

Quels sont les premiers signes qui alertent ?

Lorsque la maladie se déclare, on observe généralement des gonflements, des raideurs au lever qui durent plus de 30 minutes ainsi que des douleurs au niveau des petites articulations. Les mains sont particulièrement touchées même si les hanches, coudes, épaules et genoux peuvent l’être également.

Peut-on guérir de cette maladie ?

Oui mais ce n’est pas fréquent car il s’agit d’une maladie chronique dans la plupart des cas. Avec un traitement efficace, on peut éviter la destruction irréversible des articulations. On observe souvent qu’avec le temps, la maladie devient moins agressive et les patients ont besoin de moins de médicaments.

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Comment faire pour conserver sa qualité de vie ?

Le plus important est de rester actif. J’accorde beaucoup d’importance à la physiothérapie pour maintenir une musculature intacte. Mais pour rester actif, il faut bien sûr pouvoir maîtriser les douleurs et l’inflammation par des médicaments efficaces qui ne provoquent pas d’effets secondaires handicapants. Même si nous disposons aujourd’hui d’un large arsenal thérapeutique, trouver le médicament adéquat n’est pas une tâche appropriée.

La fatigue qu’engendre la maladie peut aussi représenter un problème au quotidien et demande une adaptation du style de vie en fonction de ses limites. Il est important d’en prendre conscience.

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